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Des salles de classe transformées en chambres : l’école, refuge pour les enfants à la rue
#hebergement #ecoles #sansabri
Article mis en ligne le 9 janvier 2026
dernière modification le 7 janvier 2026

Des dizaines d’enfants sans-abri trouvent refuge chaque nuit avec leur famille dans des écoles de Lyon, grâce à l’engagement d’enseignants et de parents d’élèves. Reportage.

(...) Nous sommes dans une école élémentaire, l’une des 22 de la métropole lyonnaise occupées toutes les nuits pour héberger des enfants sans-abri, grâce à l’engagement d’enseignants et de parents d’élèves. (...)

« Le matin, ils doivent être partis avant 8 heures, précise Claire*, l’une des deux enseignantes mobilisées dès qu’elles ont su que certains de leurs élèves n’avaient plus de toit. Et la famille ne peut rentrer qu’à partir de 18 h 30, après les activités périscolaires, lorsque l’école s’est vidée. » (...)

« Le matin, ils doivent être partis avant 8 heures, précise Claire*, l’une des deux enseignantes mobilisées dès qu’elles ont su que certains de leurs élèves n’avaient plus de toit. Et la famille ne peut rentrer qu’à partir de 18 h 30, après les activités périscolaires, lorsque l’école s’est vidée. » (...)

« Le matin, ils doivent être partis avant 8 heures, précise Claire*, l’une des deux enseignantes mobilisées dès qu’elles ont su que certains de leurs élèves n’avaient plus de toit. Et la famille ne peut rentrer qu’à partir de 18 h 30, après les activités périscolaires, lorsque l’école s’est vidée. » (...)

Pour toutes et tous, c’est une vie sociale étriquée, où l’on n’invite jamais d’amis ou de parents à la maison, où l’on se fait le plus discret possible, où l’on ne laisse pas traîner un objet, un jouet, mais où l’on subit les intrusions et remontrances des femmes de ménage. Une vie que les enfants préfèrent taire auprès de leurs camarades de classe.
Toujours plus d’enfants sans-abri (...)

Le modèle de solidarité citoyenne de Jamais sans toit a essaimé, avec des écoles occupées dans plus d’une vingtaine de villes en France. Car le sans-abrisme explose dans le Rhône comme partout en France. « À Lyon, il y a 40 % d’enfants sans toit en plus qu’il y a trois ans. Et les occupations d’écoles s’allongent : la grande majorité des familles hébergées le sont depuis plus d’un an. » (...)

Une solidarité citoyenne

« Un vrai élan de solidarité entoure ces deux familles, témoigne Céline et son collègue François. La direction de l’école est très conciliante, tout comme la mairie : la nuit, l’alarme est désactivée, le chauffage reste allumé. Des parents d’élèves ont fait des dons importants au collectif de soutien, et participent généreusement aux ventes de gâteaux, de couscous, grâce auxquelles nous pouvons aider les familles ou financer une chambre d’hôtel lorsque l’école est fermée. La MJC propose des cours gratuits de dessin aux enfants. » (...)

À Vénissieux, la situation est beaucoup plus tendue. Le directeur de l’école, soutenant l’an dernier, se montre désormais récalcitrant à l’occupation. Claire et Eve, enseignantes, ont été convoquées dès la rentrée par l’inspectrice qui les a vivement réprimandées. Sans parvenir à les dissuader (...)

Pour les collectifs de soutien aux familles, le plus dur est l’absence de perspective (...)

Les carences de l’État

Adjointe (Les Écologistes) au maire de Lyon, et chargée du logement et de l’hébergement d’urgence, Sophia Popoff assume une « tolérance d’occupation », en rappelant que « l’hébergement d’urgence n’est pas une compétence de la ville mais de l’État » (...)

À Grenoble et Bordeaux, des décisions de justice ont condamné l’État pour carence fautive en 2025 et ordonné l’indemnisation des collectivités. À Lyon, l’instruction vient seulement de s’achever. (...)

« Nous avons aussi créé un centre d’hébergement d’urgence dans un ancien Ehpad avec 80 places », complète Sophia Popoff. Le budget de la ville pour l’hébergement d’urgence est passé de 37 000 euros en début de mandat à 3 millions d’euros environ aujourd’hui. Nous avons bâti une politique publique municipale par engagement et fidélité à la tradition solidaire et humaniste de Lyon. » (...)

Mais pour les enfants, devoir décamper régulièrement, plier bagage lorsqu’arrivent week-ends et congés, génère des angoisses. (...)