Les associations s’inquiètent des intempéries, du froid et de la tempête Goretti - qui touche le nord de la France dans la nuit de jeudi à vendredi. Environ 2 000 migrants vivent dans des lieux de vie informels de Calais à Dunkerque "sans protection" face aux aléas météorologiques. Les militants demandent aux préfectures une mise à l’abri pour tous.
"On redoute une catastrophe". (...)
Selon les militants associatifs, 2 000 migrants (environ 1 200 à Calais et 800 à Grande-Synthe) survivent actuellement sur tout le littoral nord. "Les mesures prises par les préfectures existent mais elles n’offrent jamais 2 000 places de mises à l’abri", rappelle Raphaël*, un autre militant d’Utopia 56 à Grande-Synthe, joint par la rédaction.
Selon le communiqué de la préfecture du Pas-de-Calais du 7 janvier 2026, des actions sont en cours : le plan Grand froid déclenché le 24 décembre dans le département a permis "d’accueillir en moyenne 370 personnes chaque soir sur Calais", peut-on lire sur leur communiqué. Un hangar d’accueil - pour les hommes seuls -, a aussi été ouvert rue des Huttes, dans la zone industrielle de la ville, précise à son tour Stella de l’Auberge des migrants, contactée par InfoMigrants. Mais il ne compte que 300 places. (...)
Mêmes mesures prises par le département du Nord. "Depuis le 5 janvier, deux centres d’accueil supplémentaires ont été ouverts à Lille et Denain et 90 places supplémentaires, portant la capacité totale à 475 places", peut-on lire dans leur communiqué.
Des places d’accueil en nombre "insuffisant pour les migrants qui sont recensés entre Calais et Dunkerque, donc !", souffle Raphaël.
Un constat partagé par Stella. "De nombreuses personnes sont refusées par le 115 - saturé -, il y a aussi de nombreux refus en CAES [centres d’accueil et d’examen de situation], saturés... Nous ne savons pas non plus comment protéger les mineurs isolés". (...)
"C’est à l’État de protéger les personnes vivant sur son territoire"
Utopia 56 comme l’Auberge des migrants se disent "très peu" armés face aux intempéries. "La sécurité des personnes n’est pas une responsabilité associative mais étatique. C’est à l’État de protéger les personnes vivant sur son territoire", s’indigne encore Raphaël.
"Nous avons très peu de moyens", souligne aussi Stella. "Notre objectif est interpeller les autorités pour qu’elles fassent quelque chose. On ne peut pas assurer ce rôle-là". (...)