
Au terme de cinq années de bataille juridique, la pratique tant décriée du déterrage des blaireaux a fortement diminué en France. Une évolution positive qui s’explique à la fois par les multiples succès obtenus devant les tribunaux administratifs, mais aussi grâce au retentissement médiatique suscité par les grandes campagnes de sensibilisation menées par nos trois associations ces dernières années. Engagées ensemble contre la cruauté de la vénerie sous terre, AVES France, l’ASPAS et One Voice entendent poursuivre la lutte jusqu’à l’abolition complète de cette pratique moyenâgeuse.
La France est l’un des derniers pays d’Europe à autoriser la chasse par déterrage, aussi appelée vénerie sous terre, une pratique particulièrement cruelle et non sélective, qui consiste à envoyer des petits chiens dans les terriers de blaireaux pour les acculer, de creuser la terre parfois pendant des heures, puis d’extirper les animaux de leur terrier à l’aide de grandes pinces avant de les abattre.
Cette chasse, ouverte de septembre à janvier, est aussi possible dès le 15 mai, sur simple décision de la préfecture (...)
Rien qu’en 2024, sur les 26 recours en référé engagés, nos associations ont obtenu la suspension de la vénerie sous terre dans 20 départements**.
Parmi les arguments principaux retenus par les juges : l’absence de dégâts significatifs imputés aux blaireaux (dans les cultures, les remblais routiers, etc.) et la présence de blaireautins dans les terriers au printemps et en été. En effet, le Code de l’environnement interdit de tuer les petits d’une espèce dont la chasse est autorisée, or les blaireaux ont un faible taux de reproduction et leurs jeunes ne deviennent véritablement autonomes qu’à l’automne.
À mesure que notre jurisprudence s’étoffe, victoire après victoire, les préfets sont de plus en plus réticents à autoriser les périodes complémentaires, au grand dam des chasseurs. (...)
En 2020, le nombre de départements à autoriser cette chasse controversée dès le 15 mai était de 72. En 2024, ils n’étaient plus que 19 ! (...)
En 2020, la publication de l’infiltration par One Voice d’un équipage de vénerie sous terre permettait à de nombreuses personnes de découvrir en images l’atrocité du déterrage. En 2022, la grande pétition citoyenne déposée par l’ASPAS sur le site du Sénat était relayée par de nombreuses associations et influenceurs, ce qui avait permis d’atteindre et de dépasser le seuil des 100 000 signatures requises en moins de 6 mois.
Cette même année, l’ASPAS avait lancé la Journée mondiale des blaireaux, le 15 mai, une importante action de sensibilisation sur le terrain, dans les médias et sur Internet, à laquelle ont participé et continuent de participer, chaque année, de nombreuses associations partenaires partout en France.
Le 13 mai 2024, un courrier co-signé par 10 ONG a été adressé au ministère de la Transition écologique pour demander l’interdiction totale de la vénerie sous terre. Il est inconcevable qu’une chasse aussi cruelle et destructrice soit encore autorisée en 2024 : nous ne lâcherons rien avant d’obtenir son abolition complète !