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France : dans les Hautes-Alpes, le recours aux "interdictions de circulation sur le territoire français" contesté par des associations
#France #migrants #immigration #HautesAlpes
Article mis en ligne le 1er mars 2026
dernière modification le 27 février 2026

Depuis début janvier, des associations affirment que des interdictions de circulation sur le territoire français (ICTF) sont délivrées aux migrants par la Police aux frontières de Montgenèvre, dans les Hautes-Alpes. Elles dénoncent une pratique "illégale" et reconnue comme telle par le tribunal administratif de Marseille. De son côté, la préfecture des Hautes-Alpes nie leur délivrance. InfoMigrants fait le point.

Dans un communiqué de presse conjoint, paru le 24 février 2026, Médecins du Monde et l’association Toutes et Tous Migrants dénoncent le recours aux "interdictions de circulation sur le territoire français" (ICTF), à la frontière franco-italienne.

Les "premiers signaux d’alerte" remontent aux alentours du 10 janvier. À compter de cette date, les membres de Toutes et Tous Migrants, association basée à Briançon, affirment que la "grande majorité" des personnes exilées interpellées ou qui se présentent au poste de la Police aux frontières (PAF) de Montgenèvre avec la volonté de demander l’asile se voient délivrer ces ICTF.

Dans les dizaines de cas observés - dont le nombre exact est impossible à estimer -, les conditions rendant possible la délivrance de ces ICTF ne semblent pas avoir été respectées. Le 19 février, leur caractère illégal a été reconnu par le juge des référés au tribunal administratif de Marseille dans plusieurs requêtes déposées, indique le communiqué de presse. (...)

(...) (...) (...) (...) Une "atteinte aux droits fondamentaux"

Alors, que dit la loi ? Le Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (CESEDA) prévoit qu’une décision de réadmission (d’un État vers un autre État) peut être assortie d’une ICTF d’une durée maximale de trois ans en cas d’abus de droit, de menace à l’ordre ou à la sécurité publique. Ce qui n’était pas le cas des personnes concernées, souligne Brune Béal, chargée de plaidoyer pour Toutes et Tous Migrants.

Surtout, cette interdiction de circulation sur le territoire s’dresse aux ressortissants européens ou aux détenteurs d’un titre de séjour dans un pays européen, faisant l’objet d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF). Or, les ICTF recensées par l’association depuis la mi-janvier sont adressées à des ressortissants extra-européens, "qui n’ont pas de situation administrative en Italie", observe Laure Palun, directrice de l’Association nationale d’assistance aux frontières pour les étrangers (Anafé).

Autre irrégularité : plusieurs personnes souhaitant demander l’asile se seraient vu délivrer une ICTF. "Elles auraient dû être reçues et orientées vers un GUDA [guichet unique pour demandeur d’asile, ndlr]", déplore Laure Palun. Une "atteinte au droit d’asile", dénoncée à l’unisson par Toutes et Tous Migrants.

"Épée de Damoclès" sur la tête des exilés (...)

Dans le communiqué de presse, les deux associations s’engagent à continuer à "documenter avec rigueur les pratiques à la frontière et à recueillir la parole des personnes exilées pour saisir les autorités administratives indépendantes".