En France, plusieurs milliers de médecins libéraux ont défilé à Paris, samedi 10 janvier, entre le Panthéon et les Invalides pour faire entendre leur colère. En grève depuis le début de la semaine, ils dénoncent notamment les mesures comprises dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale adopté le mois dernier. Mesures qui, selon eux, portent atteinte au bon exercice de la médecine libérale.
À Paris, les blouses blanches se sont donné rendez-vous devant le Panthéon ce samedi 10 janvier. Leur cible ? Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS), adopté mi-décembre.
Pierre Haman, chef de service au CHU du Kremlin-Bicêtre, souhaite une restructuration en profondeur du système de santé : « La revendication principale est de se dire qu’il faut travailler sur le système de soins et permettre que cette belle Sécurité sociale qu’on avait avant retrouve un nouveau souffle. Parce qu’actuellement, pour nous, elle est un peu morte. » (...)
Les arrêts de travail et les déserts médicaux (...)
« Ils ne se rendent absolument pas compte que refuser des patients, c’est un crève-cœur. Mais si j’en prends plus, je me tire une balle ».
Selon un rapport du Sénat, près d’un Français sur trois vit dans une zone où il est difficile d’accéder aux soins.
Les syndicats ont, de leur côté, refusé de rencontrer la ministre de la Santé cette semaine et demandent à être reçus par le Premier ministre Sébastien Lecornu. (...)
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– (France24/AFP)
Plusieurs milliers de médecins libéraux ont défilé à Paris contre une "dérive autoritaire"
En grève depuis lundi, plusieurs milliers de médecins libéraux ont manifesté samedi à Paris pour dénoncer une "dérive autoritaire" menaçant leur liberté d’exercice. Le cortège a rassemblé 20 000 personnes, selon les organisateurs, contre un projet de loi prévoyant la possibilité d’imposer des objectifs de réduction de prescriptions d’arrêts maladie.
Un "ras-le-bol". Plusieurs milliers de médecins libéraux, en grève depuis lundi, ont défilé dans le froid samedi 11 janvier à Paris pour dénoncer une "dérive autoritaire" qui menace selon eux leur "liberté d’exercice", appelant le Premier ministre, Sébastien Lecornu, à leur "faire des propositions".
La manifestation a rassemblé 20 000 personnes, d’après les organisateurs, mais seulement 5 000 selon la préfecture de police. Beaucoup étaient en blouse blanche, derrière une banderole de tête proclamant "Maltraiter les soignants, c’est maltraiter les patients".
"Nous ne sommes pas des délinquants, nous n’avons rien à faire dans un projet de loi fraudes", a lancé Patricia Lefébure, présidente de la Fédération des médecins de France. (...)
Opération "Exil à Bruxelles"
"Ce qui m’a poussé à descendre dans la rue, c’est pas des mesures en particulier, c’est une ambiance générale, c’est le ras-le-bol", a déploré Olivier Couffin, médecin généraliste dans l’Essonne. "On a l’impression que nos politiques ne sont jamais venus sur le terrain, n’ont jamais rien vu d’un cabinet médical", a critiqué ce médecin qui exerce depuis 25 ans.
La question des dépassements d’honoraires cristallise de nombreux mécontentements.
"On nous dit qu’il faut beaucoup moins dépasser, et que sous peine de dépassement excessif, on va nous reprendre des indus. Nous, en ville, sans les dépassements d’honoraires, on ne peut pas payer nos charges, les locaux, les cotisations très importantes", a protesté Clémence Goût, gynécologue à Paris. (...)
Les internes, également mobilisés, dénoncent la mise en place "bâclée" de la réforme instaurant une quatrième année de médecine générale, qui devait initialement leur offrir un an de stage en libéral mais va, par manque de places, pousser de nombreux étudiants à rester "une année de plus à l’hôpital", selon leurs représentants. (...)
Selon Lamine Gharbi, président de la Fédération de l’hospitalisation privée (FHP), 80 % des 4 000 praticiens inscrits à la "permanence des soins en établissements de santé" (gardes) ont été "réquisitionnés" par les autorités pour maintenir un niveau d’activité minimal en clinique.