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Bombardements au Venezuela : le clou dans le cercueil du droit international
#USA #Trump #Venezuela #Maduro #droitInternational
Article mis en ligne le 4 janvier 2026
dernière modification le 3 janvier 2026

Le petit matin du samedi 3 janvier 2026 marque un tournant dangereux dans l’ordre international. Les explosions à Caracas et dans d’autres régions du Venezuela, accompagnées de survols d’aéronefs et d’attaques contre des installations militaires et stratégiques, ont été dénoncées par l’État vénézuélien comme un bombardement exécuté par les États-Unis sur son territoire souverain. Au-delà des euphémismes habituels, ce qui s’est produit constitue le recours direct à la force armée contre un État membre des Nations Unies.

Appelons les choses par leur nom. Il ne s’agit pas « d’opérations chirurgicales », ni « d’actions d’interdiction », ni d’un chapitre de plus de la rhétorique sécuritaire hémisphérique. Il s’agit de bombardements. Des attaques aériennes sur un territoire souverain, avec des effets matériels et symboliques qui ne peuvent être minimisés sans vider de sa substance le droit international. Quand une puissance décide de recourir à la force sans mandat multilatéral ni situation avérée de légitime défense imminente, la Charte des Nations Unies cesse d’être un cadre contraignant pour devenir lettre morte.

Le droit international est sans équivoque sur ce point. Le recours à la force est interdit sauf dans des circonstances strictement délimitées. Il n’existe aucune autorisation du Conseil de Sécurité permettant ces attaques, et aucune preuve d’une attaque armée préalable invoquant la légitime défense n’a été apportée. La conséquence est claire : la souveraineté du Venezuela a été violée, et avec elle, le principe même qui soutient la coexistence entre États depuis 1945. (...)

Une thèse inconfortable mais inéluctable se joue ici : sans une réponse collective ferme, le précédent est instauré. Le silence, l’ambiguïté diplomatique ou les condamnations tièdes sont interprétés comme un permis. Un permis pour de nouvelles actions unilatérales, pour davantage de bombardements, pour une escalade où la force remplace le droit et où la loi du plus fort se normalise.

La responsabilité historique incombe désormais à la communauté internationale. (...)

L’histoire est implacable envers les moments de lâcheté collective. Chaque fois qu’une agression reste impunie, l’étape suivante devient plus facile et plus brutale. Soit l’on stoppe cette dérive dès maintenant, soit l’on accepte que le monde entre dans une phase où les souverainetés tombent en cascade et où le droit international se transforme en une fiction de circonstance.

Ce bombardement n’est pas seulement une attaque contre le Venezuela. C’est une attaque contre l’idée même que les États, petits ou grands, puissent coexister selon des règles communes. Si ce principe s’effondre, ce qui suivra ne sera ni la sécurité ni la stabilité, mais une spirale de violence que plus personne ne pourra contrôler par la suite.